Qui est Jacqueline Picoche?  
QUI EST JACQUELINE PICOCHE ?

Elle est parisienne, née à Paris de parents parisiens, tous deux instituteurs, et de grands-parents parisiens, à l’exception d’un seul, le grand-père paternel, qui venait de Château-Chinon (Nièvre). Il lui a transmis ce nom de Picoche qui n’est un peu courant qu’en Bourgogne et qui est probablement un surnom d’ouvrier carrier maniant le pic.
Avec une telle ascendance, comment s’est-elle intéressée au picard au point de devenir et de rester pendant de longues années directrice du Centre d’Etudes Picardes de l’Université de Picardie ? C’est que le dit grand-père, sur ses vieux jours, acheta à Montdidier, sous- préfecture de la Somme, une maison où elle passa de nombreuses vacances. Un beau jour, elle eut connaissance du questionnaire de l’Atlas Linguistique Picard, et commença ses enquêtes. Le village voisin d’Etelfay, lui offrit une base de départ commode, d’où un livre, et par la suite de nombreux enregistrements .
En 1947, à l’âge de 19 ans elle entre à l’Ecole Normale Supérieure et en sort agrégée de grammaire. Elle enseigne pendant douze ans dans divers lycées de la région parisienne, et tout le reste de sa carrière à l’université. Elle a étrenné celle d’ Amiens avant même qu’elle ne se détache de l’Université de Lille en 1968, et ne l’a quittée que le jour de la retraite.
Depuis l’enfance elle est passionnée par les mots. Entre elle et son frère Jean-Louis, (devenu un savant hispaniste) il y avait le dictionnaire étymologique de Dauzat, objet de perpétuels questionnements et compétitions. Pas étonnant qu’elle-même, dans une perspective différente, se soit risquée à faire un tout autre Dictionnaire étymologique du français.
D’où viennent les mots ? Comment leurs différents emplois s’harmonisent-ils, sous une seule forme graphique et phonique ? Comment organisent-ils notre vision du monde, c’est à cela qu’elle n’a cessé de réfléchir en travaillant sur deux époques du lexique français séparées par un intervalle de six siècles, celui des hommes du XIVe siècle et celui d’aujourd’hui.
Elle a pour compagnon depuis de longues années le principal chroniqueur de la guerre de Cent Ans, Jean Froissart, dont elle a étudié le vocabulaire psychologique dans sa thèse d’État et qui est encore l’objet de son travail, le CNRS lui ayant demandé un Dictionnaire des Chroniques de Froissart destiné à être intégré dans un grand dictionnaire du français des XIVe et XVe siècles.
Mais son travail principal, qui est à la fois le dernier en date et celui auquel elle attache le plus d’importance c’est le Dictionnaire du Français usuel qui est à la fois la synthèse de toutes ses recherches et un ouvrage d’accès très simple permettant une étude systématique de l’essentiel du vocabulaire français non spécialisé. Ce grand panorama lexical propose une pédagogie du vocabulaire tout à fait nouvelle aux enseignants de français langue étrangère ou maternelle, aux parents désireux d’enrichir le bagage lexical de leurs enfants et d’améliorer leur expression orale et écrite ; il offre aux adultes en situation d’insécurité linguistique le moyen d’affermir et de préciser leurs connaissances et à tout amateur de la langue française, une mine de réflexions.


Jacqueline Picoche est membre titulaire du Conseil International de la Langue Française depuis 1984. Elle appartient au Groupe d’Etudes en Histoire de la Langue Française, à l’association “Avenir de la Langue Française” et à l’“Association pour l’Information et la Recherche sur les Orthographes et les systèmes d’Écriture”.

Au long des années, elle a participé à beaucoup de congrès et colloques, a été maintes fois invitée ou chargée de missions à l’étranger, notamment en Espagne, en Italie, en Autriche, en Pologne, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, en Finlande, au Maroc, en Tunisie, en Guinée, au Burkina Faso, au Canada, aux États-Unis. Elle a encore une activité de conférencière assez importante.

Elle n’est pas entièrement confite en linguistique :

Elle remercie son père, qui était un excellent musicien amateur, de lui avoir fait suivre des symphonies sur la partition, de l’avoir mise au piano, et de l’avoir encouragée à chanter.


Elle remercie sa mère de lui avoir appris à faire la cuisine – et ceux qui mangent à sa table trouvent qu’elle ne s’en tire pas mal.

Elle remercie son frère d’être le grand-père de sa dizaine de petits-neveux, dont elle s’occupe autant qu’elle le peut, et qu’elle a plaisir à voir grandir.

Elle remercie Dieu de tant de bienfaits.

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